Savoir/agir n°38, Des alternatives à géométrie variable

Editions du Croquant, 2017, 112 pages, 15.20
"L'alternative c'est pas malin...", chantait Béranger en 1975. Le numéro 38 de la revue "savoir/agir" s'attelle à la conjuguer au pluriel. C'est que cette notion recouvre une galaxie de propositions en acte ; or si leur point commun est justement de "mettre la main à la pâte" pour proposer une "façon de vivre" "différente" de celle imposée par notre société capitalo-productiviste, on observe en fait une gamme fort diversifiée de mises en œuvre et d’idéologies. Mais si les actes et idées pèsent leur poids, les propriétés sociales des agents qui incarnent l'alternative se révèlent à leur principe, c’est ce que tendent à suggérer les articles proposés ici, déterminantes.
Par exemple, les savoirs-faire et le "capital d'autochtonie" propres aux milieux populaires permettent souvent à leurs membres de mener leurs projets d’une façon plus heureuse sur le long terme que les néo-ruraux d'origine bourgeoise ou petite-bourgeoise, alors même que leurs motivations sont souvent d'ordre plus "matérialiste".
Ces propriétés sociales sont-elles toutefois forcément fixes et définitives ? Quoi qu'il en soit, elles nourrissent les positionnements divers, voire divergents, c'est-à-dire plus ou moins à même de remettre en cause le système dans son ensemble (ce qui s'observe notamment dans le rapport des “alternatifs” à l'Etat et au champ économique). C'est donc là qu'il faudrait chercher l'explication au fait que certaines alternatives semblent décidément... plus alternatives que d'autres, c'est-à-dire plus ou moins incompatibles avec l'organisation socio-productive dominante et assumant cette conflictualité. YB

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